Portrait. Contours d’un succès qui vient



Mutt-Lon. Lauréat du prix Ahmadou Kourama, il fait partie de la jeune génération d’écrivains à suivre.



Mutt-Lon. Photo : Elsa Njiale
En Afrique francophone, le Cameroun compte parmi les grandes nations d'écrivain. Ce n’est pas Mutt-Lon de son véritable nom Daniel Alain Nsegbe qui dira le contraire. Le jeune auteur à la plume envoutante marche sur  les traces  de ses aînés  Mongo Beti, Calixte Beyala, Léonora Miano, etc. Il a reçu le prix Ahmadou Kourama, l’une des plus prestigieuse  récompense littéraire sur le continent en août pour son roman « Ceux qui sortent dans la nuit ». « Je suis très honoré d’avoir reçu ce prix. Ma joie  est d’autant plus grande que je ne savais rien des candidatures. Mon roman avait été sélectionné et plébiscité à mon insu. Jacques Chevrier, le président du jury, m'a juste appelé un matin pour m'annoncer que j'étais le lauréat ! », Confie  l’écrivain toujours sur un petit nuage.
Depuis sa vie s’est transformée  en un véritable conte de fée. Comme ceux qu’il a l’habitude d’écrire. Le ministère des Arts et de la culture et les milieux  culturel lui ont réservé un très bel accueil. Sans oublier la grande exposition médiatique et l’intérêt que lui accorderont désormais  les agents littéraires.  « Être lauréat d’un prix, ça change tout. Le milieu littéraire est un labyrinthe fait d'innombrables chausse-trappes qui, avec l’aide du prix Ahmadou Kourouma, se transforment en boulevards. Même le regard des proches qui me prenaient pour un rêveur a changé ». Un véritable coup de pouce donc pour  cet auteur de deux livres. 
Sur le plan financier, le prix Ahmadou Kourouma était accompagné d’une dotation. Mutt-Lon jouit aussi de ses droits d’auteur payé  les  Editions Grasset.  Mais  l’écrivain garde les pieds sur terre. Il sait le chemin parcouru pour en arriver là. « Je suis arrivé à l'écriture de roman par la passion de la lecture. J’ai bouclé mon premier manuscrit en 1996. Ceux qui sortent dans la nuit a été écrit en 2011 à Bertoua où je réside. J’ai envoyé le manuscrit et Grasset a accepté.  Un vrai coup de chance. Je venais de passer une dizaine d'années à envoyer mes manuscrits en France, et jusqu’alors je n'avais reçu que des lettres de refus », se souvient le monteur  à Crtv-Est.
Pour comprendre  pourquoi l’écrivain a tapé dans l’œil  d’une grande maison d’édition, il faut tout simplement lire « Ceux qui sortant dans la nuit », un roman au style inventif et au ton impertinent qui plonge Alain Nsona le héros dans le monde des ewusus, ces sorciers dont la légende fascine et  effraye aussi.
Elsa Kane

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