Musique. Le jazz décoiffant de Blick Bassy

Avec le pianiste Mario Canonge et le percussionniste Adriano Tenoriodd, le musicien offert un spectacle de haute facture samedi à Yaoundé. 
 
Ils appellent ce concept le « Cab ». Entendez : Caraïbes, Afrique et Brésil. C’est la rencontre et la fusion entre trois musiciens talentueux. Le pianiste martiniquais Mario Canonge, le percussionniste brésilien Adriano Tenoriodd et le chanteur et guitariste camerounais Blick Bassy. Tels trois taxi-driver, ils ont entraîné le  public dans une course folle. Tout commence très vite. Bien avant 20h, le hall de l’Ifc-Yaoundé était déjà noir de monde. Dans la foule, on pouvait apercevoir des membres du groupe Macase au sein duquel Blick Bassy a évolué avant de se lancer avec succès dans une carrière solo.
Dès les prémices notes de musique du « Cab », la complicité artistique qui lie les trois virtuoses  éclate. Guitare à la main, Blick Bassy chante  en bassa, en langue beti, en portugais. Sa voix suave se marie parfaitement au jeu instrumental de Mario Canonge et d’Adriano Tenoriodd. Le trio fait voyager le public des plages au sable fin de la Martinique aux coins les plus chauds de Rio de Janeiro et enchaine. Les morceaux avec dextérité : « Wenda », « Owe yo », « Cajuero » ou encore le mélancolique « Eseka » tiennent l’assistance en haleine.
Métissage
 Même le bref passage de Danielle Eog, l’une des voix montante du jazz au Cameroun et les prestations solos de chaque artiste n’a pas déçu. Formé au conservatoire de Paris, Mario Canonge est le plus âge du trio. Il accompagne des sommités de la musique mondiale comme la chanteuse américaine Dee Dee Bridgwater. Son doigté et son touché percussif ont arraché des salves d’applaudissements. Maitre dans son domaine Adriano Tenoriodd a aussi su distiller de l’émotion et de la couleur. Passant des rythmes latinos aux cadences africaines, le jeune percussionniste est un prodige, de ces artistes  toujours curieux d’explorer d’autres sonorités. Quand avec les autres, il se lance dans un bikutsi endiablé, toute la salle se lève pour danser. Un superbe spectacle en somme qui par ce mélange de sonorités reflète le métissage du monde d’aujourd’hui.
Après Douala et Yaoundé, Blick Bassy et ses camarades vont mettre le cap au Gabon, au Congo en Afrique du Sud pour la poursuite d’une tournée mondiale débuté il y  a plus d’un an et qui les a déjà conduit en Namibie, en Érythrée, en Ouganda, au Djibouti ou encore au Rwanda.

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