Dieu comme matière

Des élèves pendant un cours au collège Adventiste de Yaoundé

Éducation. Dans certains établissements confessionnels de Yaoundé, les apprenants sont astreints  au cours hebdomadaire de religion. 

Il est 10h. C'est l'heure du cours de religion dans l'une des classes de sixième au collège adventiste de Yaoundé. « Aujourd'hui, nous allons étudier le passage biblique où Jésus apaise la tempête. Sortez vos bibles!», lance aux élèves le pasteur Jean Pierre Bekolo Ango, aumônier de l'établissement. 
Les apprenants s'exécutent. Un élève se lève pour dire une prière. Au collège adventiste, comme dans la plupart des établissements scolaires confessionnels de Yaoundé, les élèves ont droit à une heure de leçon de religion par semaine et par classe. 
Selon Jacques  Sone, le chef du département de la religion au collège de la Retraite, l'objectif de l'étude de la Bible et de la religion en milieu scolaire n'est pas de convertir les élèves à  une croyance. «  Nos élèves viennent d'horizons divers et de confessions différentes. Il s'agit donc de leur inculquer un certain nombre de valeurs parmi lesquelles la tolérance religieuse et le respect mutuel. Il faut favoriser le développement intérieur de la personne humaine », affirme Jacques Sone. Le professeur indique que le collège de la Retraite compte sept enseignants de religion : deux prêtres, deux laïcs et trois religieuses. « La matière est obligatoire. L'enseignement est sanctionné par des tests à la fin de chaque séquence. Cependant la discipline a coefficient 1 », explique Jean Pierre Bekolo Ango du collège adventiste. Les cours sont élaborés et adaptés pour chaque classe. « Le cours des 6ème, 5ème, 4ème et 3ème porte sur Dieu, la création, le christianisme, l'islam, l'histoire sacrée de la relation de l'Homme avec Dieu. En première, les élèves sont édifiés sur les religions traditionnelles africaines. En terminale, parce que les élèves sont plus matures, nous demandons à chacun de présenter les spécificités de sa  religion, les critiques contre les autres religions et les points de convergence », explique Jacques Sone.  
D'après le chef du département de la religion au collège de la Retraite, les élèves font montre d'un enthousiasme pour le cours de religion. Ils doivent souvent répondre à des questions du genre: si Dieu connaît tout, pourquoi le mal et les guerres dans le monde ?  Marie était-elle vraiment vierge ? , etc. Des questions auxquelles les enseignants essayent de répondre avec tact. « L'étude de la Bible et des religions suscitent beaucoup d'intérêt à cause des interprétations diverses. L'objectif du cours, c'est aussi de laisser les élèves s'exprimer librement. C'est de cette manière qu'on pourra les amener à aimer Dieu ».
Elsa Kane

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